L’appel

Installation de 2 vidéo-projections – 16/9 HD, 1:05 (en boucle), 2016

Léon et Jean, vêtus de l’habit de chasse du dimanche, se sont perdus. Les deux amis s’appellent et s’écoutent successivement. C’est bien un drame qui se joue dans cette forêt. Celui de la disparition du langage. La forêt avale les mots et la parole. Il ne reste plus que quelques syllabes et onomatopées. Je veux parler de cet appel nu et sauvage, quelque chose qui ressemble plus à des cris d’hommes qu’à une langue. Ces trous sonores que lancent Léon et Jean dans l’espace, se répandent en écho. Nos chasseurs sont devenus palombes, appelants sur leur perchoir et jouant le rôle de la ritournelle. Le cri est une représentation du territoire. Un moyen de l’appréhender, de mesurer son étendue et sa densité. Peu à peu, le corps lui aussi disparaît. Il s’enfonce dans la végétation et le silence. Lui, qui est le vecteur de la langue, s’assimile à son environnement. Il devient alors une partie égale à toutes les autres parties qui forment le milieu. Il subsiste seulement la répétition de l’appel comme repère et espoir. Unique rempart qui dresse des forces contre le chaos.

 

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Laure Subreville